jeudi 9 août 2018

Méthode en cours de philosophie - Terminales


Sommaire

  1ronol
Le programme de Terminale
Chronologie et œuvres des philosophes
La prise de notes en classe  3
Le travail de fiches  6
Interrogations de cours  1
Méthode de la dissertation de philosophie  11
5 16L’explication de texte philosophique  17
Les connecteurs logiques  20
Fiche d’autocorrection (dissertation et explication de texte)  21
Travail à réaliser individuellement pour l’examen 22

 

 

 


Liste des notions

Terminales S



LE SUJET  

LA CONSCIENCE L'INCONSCIENT LE DESIR

LA CULTURE 

L'ART LE TRAVAIL ET LA TECHNIQUE LA RELIGION

LA RAISON ET LE REEL


LA DEMONSTRATION LE VIVANT LA MATIERE ET L'ESPRIT LA VERITE

LA POLITIQUE


LA SOCIETE ET L'ETAT LA JUSTICE ET LE DROIT

LA MORALE

LA LIBERTE LE DEVOIR LE BONHEUR

 

Terminales ES



LE SUJET

LA CONSCIENCE L'INCONSCIENT LE DESIR AUTRUI

LA CULTURE 

L'ART LE TRAVAIL ET LA TECHNIQUE
LA RELIGION LE LANGAGE L'HISTOIRE

LA RAISON ET LE REEL

LA DEMONSTRATION LA MATIERE ET L'ESPRIT LA VERITE L’'INTERPRETATION

LA POLITIQUE


LA SOCIETE ET LES ECHANGES LA JUSTICE ET LE DROIT L'ETAT

LA MORALE

LA LIBERTE LE DEVOIR LE BONHEUR




Terminales techniques et technologiques


LA CULTURE, L'ART ET LA TECHNIQUE, LES ECHANGES, LA VERITE, LA RAISON ET LA CROYANCE, L'EXPERIENCE, LA LIBERTE, LA JUSTICE ET LE DROIT, LE BONHEUR.

 

Repères (Toutes séries confondues)



absolu / relatif – abstrait / concret – En acte / en puissance – Analyse / synthèse – Cause / fin – Contingent / nécessaire / possible – croire / savoir – Essentiel / accidentel – Expliquer / comprendre – En fait / en droit – Formel / matériel – Genre / espèce / individu – Idéal /réel – Identité /égalité / différence – Intuitif / discursif – Légal / légitime – Médiat / immédiat – Objectif / subjectif – Obligation – contrainte – Origine / fondement – Persuader / convaincre – Ressemblance / analogie – Principe / conséquence – En théorie / en pratique – transcendant / immanent – Universel / général / particulier / singulier.

 

Auteurs

 

PLATON, ARISTOTE, EPICURE, LUCRECE, SENEQUE, CICERON, EPICTETE, MARC AURELE, SEXTUS EMPIRICUS, PLOTIN, AUGUSTIN, AVERROES, ANSELME, THOMAS D'AQUIN, GUILLAUME D'OCKHAM.

 

MACHIAVEL, MONTAIGNE, BACON, HOBBES, DESCARTES, PASCAL, SPINOZA, LOCKE, MALEBRANCHE, LEIBNIZ, VICO, BERKELEY, CONDILLAC, MONTESQUIEU, HUME, ROUSSEAU, DIDEROT, KANT.

 

HEGEL, SCHOPENHAUER, TOCQUEVILLE, COMTE, COURNOT, MILL, KIERKEGAARD, MARX, NIETZSCHE, FREUD, DURKHEIM, HUSSERL, BERGSON, ALAIN, RUSSELL, BACHELARD, HEIDEGGER, WITTGENSTEIN, POPPER, SARTRE, ARENDT, MERLEAU-PONTY, LEVINAS, FOUCAULT.

 

Chronologie et œuvres des philosophes

 

I) Philosophes grecs présocratiques

                1)L’école pythagoricienne : Pythagore

                2)Les sophistes : Protagoras (484-404), Gorgias (480-380)

II) Socrate et les socratiques majeurs

                1) Socrate (470-399)

                2) Platon (428-347) : fonde l’Académie à Athènes : l’apologie de Socrate, le Banquet, Protagoras, le Phédon, le Phèdre, La République, le Gorgias

                3) Aristote (384-322) : fonde le Lycée à Athènes : l’Ethique à Nicomaque, la Politique, l’Organon, la Poétique, la Rhétorique, la Physique

III) les socratiques mineurs

                1) L’école stoïcienne :

Zénon de Cittium (336-264), fondateur du stoïcisme

Sénèque (4av.J.C.-65 ap.J.C), ministre de Néron : Lettres à Lucilius, de la tranquillité de l’âme, de la brièveté de la vie

Cicéron (106-43 av.J.-C.) : du destin, des devoirs, de la république, traité des fins des biens et des maux

Epictète (50-125 ?) : le Manuel

Marc-Aurèle (121-180) : empereur romain : Pensées

Sextus Empiricus : Institutions Pyrrhoniennes

                2) L’école épicurienne :

Epicure(341-270), fondateur : Lettre à Ménécée

Lucrèce (97-55), disciple romain : de la Nature des choses

 

IV) La philosophie médiévale

Exclusivement d’inspiration chrétienne, elle se confond avec la théologie dont elle prétend se faire la servante

Plotin (205-270) : Ennéades

Saint Augustin (354-430) : synthèse du christianisme et de Platon : les Confessions, La Cité de Dieu

Averroès (1126-1198) : Commentaires d’Aristote

Saint Anselme (de Cantorbéry ,1133-1109) : Prologion, De la Vérité

Saint Thomas d’Aquin (1224-1274) : synthèse du christianisme et d’Aristote, sa pensée est devenue la philosophie officielle de l’Eglise catholique depuis 1563 : Somme théologique 

Guillaume d’Ockham (1290 ?-1349 ?)

 

V) Renaissance et période moderne

Machiavel (1469-1527) : fondateur de la pensée politique moderne : le Prince

Montaigne (1533)1592) : les Essais

Bacon (1561-1626) : Novum Organum

 

VI) le XVIIè siècle

                1) en France :

Descartes (1596-1650) : Discours de la méthode, Méditations métaphysiques, Lettres à Elisabeth, Traité des passions de l’âme

Malebranche (1638-1715) : de la recherche de la Vérité

Pascal (1623-1662) : Pensées, les provinciales, préface au traité du vide

                 2) En Prusse :

Spinoza (1632-1677): l’Ethique,Ttraité théologico-politique

Leibniz (1646-1716): les nouveaux essais sur l’entendement humain (préface)

                3) En Angleterre :

Hobbes (1588-1679): le Léviathan

Locke (1632-1704): Lettre sur la tolérance, Deux Traités sur le gouvernement civil

 

VII) le XVIIIè siècle : siècle des lumières

                1) En Italie : Vico (1668-1744) : le droit universel

 

                2) en France :  

Montesquieu (1689-1755) : de l’esprit des lois

Voltaire (1694-1778) : le Dictionnaire philosophique

Diderot (1713-1784) : l’Encyclopédie, paradoxe sur le comédien, les salons

Rousseau (1712-1778) : Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Discours sur les sciences et les arts, du Contrat social, les Confessions

                3) en Angleterre : (philosophes empiristes) :

Berkeley (1685-1753),

Condillac (1714-1781) : Traité des sensations 

Hume (1711-1776): Enquête sur l’entendement humain,

                4) en Allemagne : Kant (1724-1804): Critique de la raison pure, Critique de la raison pratique, Critique de la faculté de juger, Fondements de la métaphysique des moeurs, réponse à la question : « qu’est-ce que les lumières ?», Idée d’une histoire universelle,

 

VIII) philosophie contemporaine: XIX-XXè siècles

          le XIXè :

                               En Allemagne :

Hegel (1770-1831) : Leçons sur la philosophie de l’histoire, la phénoménologie de l’Esprit, l’Esthétique

Marx (1818-1883) :  La Sainte Famille ; Le Capital ; Le manifeste du parti communiste ; L'idéologie allemande, Manuscrits de 1844

Engels (1820-1895) et Marx : Manifeste du parti communiste, l’idéologie allemande

 

                               En France :

Tocqueville (1805-1859) : la Démocratie en Amérique

Comte (1798-1857), théoricien du positivisme : Cours de philosophie positive

Cournot (1801-1877) : Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique

 

                               -philosophes à l’origine de la pensée existentielle moderne :

Schopenhauer (1788-1860) : le Monde comme volonté et comme représentation

Kierkegaard (1813-1855) : Traité du désespoir, le journal du séducteur, le concept de l’angoisse

Nietzsche (1844-1900) : la naissance de la tragédie, Ainsi parlait Zarathoustra, Par-delà le bien et le mal, le Gai savoir, Aurore.

                               -économiste anglais : Mill (1806-1873) : de l’Utilitarisme

         Le XXè

                               La psychanalyse : -Freud(1856-1939): Cinq leçons sur la psychanalyse, sur le rêve, l’interprétation des rêves, psychopathologie de la vie quotidienne, Introduction à la psychanalyse

 

                               La Sociologie : Durkheim (1858-1917) : les règles de la méthode sociologique, le suicide, les formes élémentaires de la vie religieuse

                              

                               -en France :

Bergson (1859-1941) : le Rire, la pensée et le mouvant, matière et mémoire

Alain (1868-1951) : Eléments de philosophie, Propos sur le bonheur, Idées

Sartre (1905-1980) : l’existentialisme est un humanisme, esquisse d’une théorie des émotions, l’être et le néant, critique de la raison dialectique, l’imaginaire

Bachelard (1884-1962) : le nouvel esprit scientifique, la psychanalyse du feu, l’eau et les rêves, la philosophie du non

Lévi-Strauss (1908) anthropologue : race et histoire, la pensée sauvage, tristes tropiques

Foucault (1926-1984) : surveiller et punir, les mots et les choses, l’ordre du discours, histoire de la folie à l’âge classique

Merleau-Ponty (1908-1961) : Eloge de la philosophie, l’œil et l’esprit, Phénoménologie de la perception

Lévinas (1906-) totalité et infini

 

                               -en Allemagne :

Husserl (1859-1938) fondateur de la Phénoménologie : Idée directrices pour une phénoménologie

Heidegger (1889-1976) : Etre et temps

Arendt (1906-1975) : Les Origines du totalitarisme, Condition de l'homme moderne en 1958, et le recueil de textes intitulé La Crise de la culture en 1961. Eichmann à Jérusalem, 1961

                               -La philosophie analytique anglo-saxonne :

Russell (1872-1970) : la méthode scientifique en philosophie

Wittgenstein 1889-1951) : recherches philosophiques, tractacus logico-philosophicus

Popper (1902) : la logique de la découverte scientifique, la société ouverte et ses ennemis

 

 


Prendre des notes peut servir à deux objectifs :

1. Retranscrire un discours oral ou écrit : On note intégralement ce qui est dit ou écrit. Mais il faut alors trouver des moyens pour écrire aussi vite que celui qui parle ou aussi vite que l’on lit un texte. Cela peut être utile en cours pour les synthèses, les introductions et conclusions des cours ou des corrigés d’exercices (dissertations et explications de texte…).

2. Reformuler un discours oral ou écrit : on note l’ESSENTIEL. Toute la difficulté ici est de juger de ce qui est essentiel ou secondaire dans ce qui est dit ou écrit. Vous écrivez donc en réfléchissant à ce qui est dit et à ce qui est important dans ce qui est dit.
                Cela peut d'autant mieux se faire que vous connaissez au moins le thème du cours à l'avance, que vous avez préparé votre cours : vous arrivez donc en cours avec une question que vous vous posez sur le cours qui va avoir lieu. Vous êtes vigilants en cours, attentifs au questionnement, aux thèses défendues : vous attendez ou mieux, vous demandez, des réponses aux questions que vous vous posez. Elles sont toutes légitimes si vous les pensez vraiment. Les progrès dans votre discipline sont à ce prix.

Quelques outils

1. Nominalisation : remplacer les verbes par des noms (réparer = réparation)

2. noter le nom générique (gendarme = force publique / peinture = art / justice = politique, monnaie = échanges…)

3. Abréviations (abr.), signes (= + ), ellipses (le verbe « être » peut très souvent être sous-entendu) 

Exemple d’ellipse : « les hommes sont doués de raison » = « Hommes doués de raison »

4. Reformulation et omission de mots

Omission de lettres dans un mot

- Suppression de OU : Nous : ns / vous : vs / pour : pr / vouloir: vloir / pouvoir : pvoir / souligner : sligner / tout : tt / jour : jr / toujours : tjrs. 

- Suppression des sons nasalisés : ON - AN – EN : Avant : avt / dont : dt / donc : dc / comme : co / comment : co / sans : ss / sont : st / font : ft / temps : tps / long : lg / longtemps : lgtps

-Omission de toutes les voyelles (et parfois de quelques consonnes) d’un mot : Même : m / développement : dvlpt / problème : pb / rendez-vous : r.d.v. / gouvernement : gvt / mouvement : mvt / nombreux : nbx / nouveau : nv / parce que :   pcq / parfois : pfs / quelqu’un : qqn / quelque : qq / quelque chose :  qqch.
-Utilisation de quelques symboles : "Et" : & / "un, une" : 1 / "paragraphe" : § / " travail" : W / "mort" : † / "plus" : + / "moins" : - / "venir de, avoir pour origine, pour cause" : < / "avoir pour conséquence, entraîner" :  > / être : = / "Dieu" : le delta grec / "homme, femme" : les symboles utilisés en biologie  / "aucun, rien, absent, ne pas" : ø (ensemble vide) / Le double slash (//) pour  "parallèlement à, par rapport à"...

5. Remplacer des mots par des signes
  rapides à réaliser (écriture) et sans équivoque (relecture).

Exemple très utilisé : Pour "-tion" : t°. 

Conclusion : Constituez-vous une fiche personnelle d'abréviations. Compléter votre liste régulièrement (quelques-unes chaque jour) à l'aide des ressources ci-dessous; Elle peut même varier selon vos disciplines et les langues que vous pratiquez. Utilisez les dictionnaires de la langue française si besoin, des fiches déjà faites mais que vous adaptez et que vous utilisez surtout, sans changer d’abréviations : vous gardez celles qui vous parlent le plus et n’en changez pas. C'est l'usage qui va vous guider ici.

Ressources en ligne : Sur Eduscol , Un exemple de travail au collège , Sur le Webpédagogique .

 EXERCICES ELEMENTAIRES

TRANSCRIRE un texte ou un discours

A. Pour les débutants : 

 Sur une feuille que vous garderez à portée de main tout le temps :  Noter 5 abréviations, 5 signes, une nominalisation, un nom générique
- Compléter votre liste à l'aide des ressources ci-dessus

B. Prendre en note la première puis la deuxième phrase du texte de Malebranche (transcrire)

"Tout le monde se pique de raison, et tout le monde y renonce : cela paraît se contredire, mais rien n'est plus vrai. Tout le monde se pique de raison, parce que tout homme porte écrit dans le fond de son être que d'avoir part à la raison, c'est un droit essentiel à notre nature. "

Par exemple, en classe au début de l'année : Temps de lecture : 6’’ par phrase / Temps de prise de note : 42’’ par phrase. Avec la pratique le rapport de 1 à 7 se réduira considérablement.

Exemple de prise de note : "Tt mde se pik de Rsn, et tt mde y rence : cela paraît se c/dire, ms Ø + vrai. Tt mde se pik de Rsn, pcq tt hō prte écrit ds fd son ê q avr part à Rsn = drt essel nô nat."

REFORMULER l'essentiel d'un texte ou d'un discours (oral, écrit)

A. Organisation de votre feuille de notes
Vous pouvez réserver une colonne sur 1/4 de la page aux questions ou remarques personnelles qui vous viendront à l'esprit en prenant des notes. Cela vous permettra de vous orienter dans la réflexion et d'orienter votre écoute du cours.


 



DATE, N° DE PAGE DE NOTES

TITRE DU COURS – SUJET

 

TRAVAIL PERSONNEL

 

Repères

Notions

Remarques personnelles

Questions

Travail de recherche à faire (définitions, références, lectures...)

 

 

 

 

NOTES DE COURS

(transcription et/ou reformulation)

RÉSUMÉ DU COURS

A faire après le cours

(pour constituer vos fiches de révision)

 


 

                Le travail de fiches : modèle de fiches

1/ fiche sur les Notions : Définitions philosophiques, Concepts, Problèmes, Textes de référence.

Un exemple :

SUJET : Le sujet est un terme technique en philosophie : au sens moderne, il est à comprendre en relation avec la subjectivité ; il renvoie à ce qui, dans l'être humain, constitue le fond de ses rapports avec la réalité. Dire qu'un homme est un sujet revient implicitement à insister sur le fait qu'il est l'origine et le fondement de ses pensées, de ses actions, de ses jugements et croyances. On distingue le sujet de l'objet de son activité. Le sujet, en ce sens, se caractérise par le fait qu'il peut dire "je", ou du moins le penser. Au sens moderne (depuis Descartes, Méditations Métaphysiques, 1641), tout sujet suppose la dimension réflexive de la conscience de soi, un moi propre à chacun, fondant l'identité du sujet. C'est parce que j'ai conscience de moi que je suis le même, que mon identité perdure malgré tous mes changements internes, mes sentiments, pensées, ou externes, mon corps qui veillit malgré moi.

Concepts : subjectivité, relation, réel, origine et fondement de la pensée, réflexion, conscience, identité et permanence.

Problème : Le caractère fondamental du sujet - La liberté du sujet / le déterminisme - La proportion des pensées conscientes dans l’esprit - L’unité du sujet - Le caractère fictif ou illusoire du sujet.

Textes de référence : Descartes, Méditations Métaphysiques, II (le « cogito ») - Kant, Critique de la raison pure, § 16 - Hume, Traité de la nature humaine : le moi n’est qu’une fiction - Freud, Métapsychologie, § 1 - Marx, La lutte des classes en France.

Fiches sur les Auteurs : Biographie, Bibliographie, Thèmes principaux, Thèses principales, Textes de référence 
Fiches sur les Textes philosophiques : -Thème, thèse, problème, argumentation, enjeu du texte-Thèses concurrentes (critiquées explicitement ou implicitement par l’auteur)
-Thèse personnelle sur le texte (avis argumenté, du cours par exemple)

Fiches sur une Œuvre philosophique :

Remplir le tableau suivant : (2 à 4 pages)



Caractéristiques de l'ouvrage

Titre, Auteur, Editeur, Divers (date de parution, édition, traducteur)

 

Biographie et bibliographie de l'auteur

 

Analyse globale : Genre et Thème central

 

Idées principales (thèses) et argumentation (plan) de l'oeuvre (par chapitre puis dans son intégralité)

 

Concepts spécifiques inventés et distinctions conceptuelles faites par l'auteur dans l'œuvre

 

Problème philosophique traité par l'auteur

 

Intentions de l'auteur

 

Notions du programme concernées par le texte : définition générale et définition qu'en donne l'auteur dans l'œuvre

 

 


 
Bibliographie philosophique indicative

-PLATON : Apologie de Socrate, le Banquet, Gorgias, Hippias Majeur, Protagoras, La République (livre I, VI, VII ou X au choix), Cratyle

-ARISTOTE : Ethique à Nicomaque (Livre I, III, V, VII et VIII, X au choix), Les Politiques (livre I), la Poétique

-EPICURE : Lettre à Ménécée

-SENEQUE : De la brièveté de la vie, De la constance du sage, De la vie heureuse

-CICERON : Du destin, Des devoirs, De l'Orateur

-EPICTETE : Le Manuel, I

-AUGUSTIN : Les Confessions (livre X et XI)

-MACHIAVEL : Le Prince

-MONTAIGNE : Les Essais, III, 12

-DESCARTES : Discours de la méthode, Méditations Métaphysiques, Lettres à la Princesse Elisabeth

-PASCAL : Pensées

-SPINOZA : Éthique (Appendice du livre 1)

-HUME : Enquête sur l'entendement humain

-ROUSSEAU : Premier Discours sur les sciences et les arts, Deuxième discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, du Contrat Social, Émile (livre IV)

-KANT : Critique de la raison pure (deuxième préface ; Esthétique transcendantale), Fondements de la Métaphysique des Mœurs, Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, Observations sur le sentiment du beau et du sublime

-HEGEL : Esthétique, La Phénoménologie de l'Esprit (préface)

-TOCQUEVILLE : De la Démocratie en Amérique

- COMTE : Discours sur l'ensemble du positivisme

-MARX : Le Capital (Livre I) ; avec ENGELS : L'idéologie allemande, Manifeste du parti communiste,

-NIETZSCHE : La naissance de la tragédie, Considérations Inactuelles (livre I), La généalogie de la morale, le Gai savoir

-FREUD : Psychopathologie de la vie quotidienne, Sur le Rêve, Au-delà du principe de plaisir. Introduction à la psychanalyse.

-DURKHEIM : Les règles de la méthode sociologique

-BERGSON : Le rire, Les deux sources de la morale et de la religion, Introduction à la métaphysique

-ALAIN : Propos sur le bonheur, Système des beaux-arts

-RUSSELL : Problèmes de philosophie

-BACHELARD : la psychanalyse du feu, Le nouvel esprit scientifique, la philosophie du non

-HEIDEGGER : Être et Temps (introduction)

-SARTRE : L'existentialisme est un humanisme, Réflexions sur la question juive

-ARENDT : La condition de l'homme moderne

-MERLEAU-PONTY : Éloge de la philosophie

-FOUCAULT : L'ordre du discours, Surveiller et punir, Les mots et les choses

 


Interrogations de cours

Questions possibles et Barême

1/ Définitions de 4 notions (Répertoire) : 4 points

Définitions de 4 repères philosophiques (Répertoire) : 2 points

Bonne réponse : +1 point / Mauvaise réponse : -1 / Sans réponse : 0 point.

2/ sur une fiche faite sur un auteur : 4 points

Biographie, Bibliographie, Thèmes principaux, Thèses principales, Textes de référence (une phrase par rubrique minimum)

(5 éléments corrects pour un philosophe : 4 points / une erreur : 0/ une absence de réponse : -1 points)

3/Exercice de prise de notes : 1 point

4/Questions sur la méthode : de l’explication de texte ou de la dissertation : 4 points

5/ Analyse grammaticale d’un court texte (Verbes conjugués et leur sujet respectif, Connecteurs logiques).        Bonne analyse : 2 points / une erreur : 0 point.

6/ Sur un texte étudié en classe : formuler le thème, la thèse et le problème du texte.

3 Bonnes réponses : +3 points / Une mauvaise réponse : -1 point / sans réponse : 0 point

 






                L’objectif de la dissertation de philosophie est de soulever un problème sur un sujet donné, et d’y proposer une réponse éclairée. La forme des sujets est très souvent une question : il s’agit donc de montrer pourquoi elle se pose, en argumentant. Schématiquement : 1/ on propose une 1ère réponse (hypothèse) ; 2/ on montre ses limites ; 3/ on propose une 2ème réponse (hypothèse).

                Deux pièges sont à éviter : 1/faire de la question une question arbitraire et ne pas montrer dans l’introduction la nécessité de poser la question. 2/que la problématique ne soit qu’une simple paraphrase du sujet.

                La dissertation est donc un raisonnement qui intègre la critique, la contradiction.

                Ce n’est donc pas : 1/ une énumération d’opinions ; 2/ une énumération de thèses philosophiques, de doctrines ; 3/ construction artificielle (pour ou contre – thèse, antithèse, synthèse..), un jeu abstrait ; 4/ essai : texte à forme libre.

                Le contenu, la thèse défendue (à l’issue de la dissertation) est libre, c’est une des conditions de la pratique de la philosophie.

 

                Gestion du temps : l’épreuve écrite du baccalauréat dure 4 h. On peut donc consacrer 1h ou 1h30 au brouillon (donc 2h30 ou 3h pour la rédaction). L’idéal est d’avoir terminé la rédaction avec au moins 15 minutes d’avance on se réserve ainsi un temps suffisant pour la relecture.

 


Définir le sens des mots (relever l'étymologie, les antonymes, les exemples et les principales définitions)

Définir les notions du programme de terminale explicitement ou implicitement présentes dans l’énoncé

Rechercher, à mesure qu’elles viennent à l’esprit, des thèses, des auteurs, des références et des questions en rapport avec le problème philosophique que pose le sujet (que celles-ci proviennent des cours, des dictionnaires de philosophie, ou des manuels de philosophie).

Relever les présupposés (ce qui est considéré implicitement comme vrai, ou sous-entendu par l'énoncé)

Élaborer un plan de recherche :

Formuler le problème posé par le sujet

Définition : définir les principaux termes du sujet en utilisant des concepts strictement plus simples (du concept à la définition et de la définition au concept)

Substitution : réécrire le sujet en remplaçant chaque terme défini par sa définition

Tension : trouver où réside la tension dans le sujet ainsi reformulé et en tirer la problématique

mettre en ordre des thèses utilisées pour traiter le sujet (plan du développement : 3 grandes parties) – Rédiger les transitions logiques et conceptuelles

choisir les arguments pour défendre chaque thèse (plan détaillé des parties du développement : 2 à 4 sous-parties par partie)

 


Rappel du cheminement du développement (du point de départ du raisonnement au point d’arrivée)

La fonction de la conclusion consiste à répondre à la problématique, explicitement et clairement.

Les ouvertures sur d’autres sujets sont déconseillées.

 


                L'introduction de la dissertation a pour fonction d’analyser le sujet et de poser un problème. Ce dernier n’est jamais explicite mais il est toujours contenu implicitement en lui. Si le sujet est posé sous forme de question, le problème ne se confond pas avec la question. On ne peut donc reprendre la question en guise de problème. Ainsi, le sujet penser, est-dire non ?, conduit après analyse, au problème suivant : Le pouvoir de négation est-il un obstacle ou la condition d'une pensée authentiquement libre ? Notez qu'il ne faut poser qu'un seul problème, même si, comme c'est souvent le cas, plusieurs problèmes sont envisageables.

                En résumé l’introduction comprend :


Analyse des termes du sujet : définition du sens commun d’abord et non d’un philosophe particulier


Exposition d’une tension entre les termes du sujet définis, qui mène à la formulation de la problématique

pourquoi la question se pose-t-elle?

Pour quelles raisons, à quelles conditions ? Dans quel domaine de la pensée (morale, politique, connaissance, esthétique, épistémologie, métaphysique, etc.)

pourquoi faut-il répondre à la question? (enjeu philosophique - facultatif)

Que gagne-t-on, que peut-on comprendre ou faire si on répond à cette question ?

Que perd-on, que ne peut-on comprendre ou faire si on n'y répond pas ?


Le but de l’introduction est de resserrer son étude sur une problématique unique. L’annonce du plan doit donc insister sur la continuité de la pensée entre les différentes parties du plan.


                Cette discussion philosophique est, avant tout, conceptuelle (des thèses, ou des idées) : elle désigne une analyse de concepts et de notions, qu'il faut clarifier et élucider, en particulier en utilisant des exemples bien choisis. Si les distinctions conceptuelles sont essentielles, l’exemple donne une illustration imagée à un raisonnement. Il n’est pas un point de départ mais renforce le raisonnement. Toutefois, un exemple sans argumentation, ne démontre rien.

                Il faut utiliser des références philosophiques (textes philosophiques) en les intégrant à sa propre réflexion dans le cours du développement. Il s’agit de construire, d’inventer un cheminement d’idées, un enchaînement logique et conceptuel de thèses pour résoudre un problème.

                Chaque partie doit apporter une proposition de réponse à la problématique (et non seulement à l’énoncé du sujet). Au brouillon, le titre de chaque partie doit répondre explicitement à la problématique. Dans la copie, chaque partie débute par la formulation claire de la thèse soutenue. On peut ensuite indiquer rapidement le plan de la partie.

                Chaque partie comprend deux à quatre sous-parties, qui sont chacune un élément de réponse à la problématique, c’est-à-dire un argument pour soutenir la thèse de la partie. Chaque sous-partie débute par l’énoncé clair de la thèse soutenue. Ensuite, l’argumentation est développée. La dernière phrase résume la thèse de la sous-partie et montre ce qu’elle apporte à l’argumentation plus générale de la partie.

                Pour soutenir une thèse il est possible de se fonder sur des principes (a priori) ou en l’appuyant sur des exemples concrets (a posteriori). Il faut toutefois éviter les généralisations abusives.

                Pour réfuter une thèse, quatre possibilités au moins : 1/ produire un contre-exemple. 2/ montrer une faille dans le raisonnement adverse (montrer qu’il vaut pour des cas particuliers mais pas en général, ou qu’il est possible mais pas nécessaire). 3/ attaquer les présupposés du raisonnement adverse. 4/ critiquer les définitions des termes.

                L’utilisation de références philosophiques doit se faire de façon précise et adaptée au raisonnement déployé dans la dissertation : la première et la dernière phrase d’une partie et d’une sous-partie ne peut être une citation d’un auteur. Un résumé fidèle d’une thèse vaut tout autant qu’une citation apprise par cœur.

                L’argumentation de la dissertation nécessite des transitions logiques et conceptuelles précises, entre les parties et entre les sous-parties. Sans ces transitions il ne peut y avoir de continuité dans le développement. Une transition comprend trois moments : 1/ résumé de la thèse exposée. 2/ montrer de manière détaillée ce qui manque à cette thèse. 3/ proposer l’ébauche d’une solution, éventuellement par une question, telle qu’elle sera développée dans la partie ou la sous-partie suivante. Il est crucial de montrer pourquoi il est nécessaire – et non pas seulement possible – de changer de point de vue (2/). Les transitions se situent, d’une part, à la fin de chaque sous-partie, dans le même alinéa et, d’autre part, à la fin de chaque partie, dans un alinéa à part (5 à 10 lignes).

 



Sujet : « Pourquoi conserver les œuvres d’art ? »

Définition des principaux termes :

– conserver : protéger l’intégrité de quelque chose.

– œuvre d’art : objet ou acte original fait avec art dans un but symbolique

Substitution des définitions aux termes définis dans le sujet : Pourquoi protéger l’intégrité d’un objet ou acte original fait avec art dans un but symbolique ?

La tension apparaît plus clairement : Pourquoi conserver les œuvres d’art si la valeur symbolique qui en rend possible l’interprétation nous est étrangère ?

Introduction possible :

Conserver signifie communément protéger l’intégrité de quelque chose. Une œuvre d’art est un objet ou acte original fait avec art dans un but symbolique. Il faudrait donc admettre qu’une œuvre d’art puisse rester identique à elle-même, au sens où l’interprétation que l’on peut en faire reste la même. Or, le Requiem de Mozart (1791) ne résonne pas de la même manière pour un auditeur, fût-il chrétien, du XVIIIème siècle que pour un auditeur du XXIème siècle. Le contenu d’une œuvre d’art suppose que celui qui la reçoit en saisisse la valeur symbolique. Mais l’on ne célèbre plus les enterrements de personnalités par des Requiem dans le christianisme du 21è siècle. En revanche on peut entendre ses œuvres lors de concerts musicaux. Pourquoi alors conserver les œuvres d’art si la valeur symbolique qui en rend possible l’interprétation nous est étrangère ?


Sujet : « L'homme est-il un être naturel ? »

I, l’homme est un être naturel

                I. 1 Si l'on admet que l'homme au premier abord soit un être naturel ce peut être au sens où il est sensible.

                I.2. Si l'homme a une spontanéité sensible, il apparaît toutefois singulier qu'il est aussi naturellement curieux

                I .3. L'homme est un être naturel, certes, mais il se caractérise par une double appartenance déterminée.

II, Il est discutable de penser que l’homme soit un être naturel

                II.1 Nous avons considéré au début de notre réflexion que la sensibilité est déterminée par un principe vital, or cette sensibilité n’est pas  si semblable qu'il paraît à celle des animaux ou des êtres vivants 

                II.2 La raison elle-même peut être victime d'illusion.

                II.3 Constituer une cosmologie est un moyen de réfléchir, certes à partir de dogmes, mais n'en reste pas moins un rapport spontané à la réalité 

III, L’homme n’est pas un être naturel

                III.1.L'on peut fonder effectivement la totalité politique, l'état social ou civil, sur une fiction théorique mais subjectivement vécue, celle de l'état de nature.              

                III.2 L'homme doit être éduqué, parce qu'il est libre et parce que lui seul a conscience de ce qu'il doit faire ou ne pas faire. Il ne peut renoncer à se cultiver : c'est là non seulement un devoir envers lui-même mais aussi un devoir envers les autres.


Sujet : « l’homme est-il un être naturel ? »

Entre I, 1 et I, 2 : L'homme, comme tout être vivant, se distingue par conséquent des êtres inertes mais c'est un principe mystérieux qui garde en vie son organisme. Il se distingue par ailleurs d'une machine artificielle, mais il semble que la spontanéité de l'homme, sa sensibilité naturelle soit déterminée. Ne peut-on alors envisager une spontanéité naturelle qui ne soit pas pour autant sensible ?  

Entre III, 2 et III, 3 : Si donc l'éducation se réduit à la pratique de mœurs et de coutumes d'une société particulière dans laquelle chaque individu, malgré qu'il en est, devient homme, elle est source de son malheur. L'homme social n'est pas un être naturel mais artificiel parce qu'éloigné de son propre cœur, de l'état de nature, de sentiments sincères envers lui-même et les autres. L'homme est perfectible à condition qu'il cultive ses sentiments, même ceux qui ont pour origine la raison. Or n'y a-t-il pas dans la raison elle-même l'indice d'une nature humaine radicalement distincte aussi bien de l'animal que de l'artifice des manières de l'homme social ?         


Sujet : « L’homme est-il un être naturel ? »

(I) Si l'homme est un être naturel c'est d'abord parce qu'il est sensible, se distinguant ainsi d'une machine, artificielle. Mais la spontanéité de la sensibilité est déterminée naturellement : le désir de connaître, le logos est en ce sens la caractéristique naturelle à l'homme. L'homme est donc un être naturel, doué d'une spontanéité intelligente. Toutefois cette duplicité de l'homme naturellement sensible et intelligent laisse à penser que sa nature est celle d'un intermédiaire, celle d'une nature déchue, d'une condition humaine. (II) Il faut par conséquent envisager la sensibilité humaine comme une sensibilité spécifique, sans commune mesure avec celle des êtres vivants. Elle n'en reste pas moins déterminée et la raison elle-même est limitée par l'apparence transcendantale, illusion naturelle à l'homme. Resterait seule la croyance qui pourrait caractériser le naturel de l'homme, ce par quoi il pourrait se libérer de l'irréversible, du déterminisme naturel. (III) Or la croyance inscrit l'homme dans un monde : considérer que l'homme est d'une nature bonne, d'un naturel sincère c'est se heurter au fait qu'il est devenu artificiel dans ses manières, corrompu par la société. L'homme à l'état social n'est que l'image de lui-même, asservi par la peur de paraître ce qu'il est. Pourtant il se distingue de l'animal en ce qu'il porte en son cœur l'image et le souvenir d'une nature originelle qu'il lui reste à suivre en étant d'abord transparent à lui-même et au cœur de ses semblables. La nature de l'homme n'est donc pas déterminée par sa sensibilité mais elle ne l'est pas non plus par sa raison : l'homme est un être culturel, d'une nature seconde, qui doit se cultiver parce qu'il est rationnel, parce qu'il ne peut formellement refuser de penser que ce qui motive ses actes peut valoir universellement. (Thèse finale) Autrement dit parce qu'il a conscience d'une part qu'il est un être rationnel et que d'autre part il ne vit pas seul mais toujours en société, il ne peut négliger ou oublier que dans chacun de ses actes est présente toute l'humanité. En ce sens l'homme n'est pas un être naturel : il est un être humain.


 


1. Que le problème du sujet soit soulevé, formulé et résolu.

2. Que la thèse proposée repose sur une argumentation qui la justifie et non sur de simples affirmations.

3. Que l'argumentation soit construite : une juxtaposition d'exemples ou de remarques ne peut convenir (il n’existe pas de plan-type (pour/ contre – thèse/antithèse/synthèse….) mais l'absence de plan est sanctionnée)

4. Que la copie témoigne d'un minimum de connaissance sur le problème choisi - que celle-ci soit issue du cours du professeur ou bien d'expériences et de lectures personnelles.

5. Que cette connaissance soit bien assimilée, qu'elle soit l'occasion d'une réflexion personnelle et non de la récitation d'un cours.

6. Que la copie analyse correctement les notions, avec une maîtrise suffisante du vocabulaire employé.

7. Enfin, que l'expression - destinée à convaincre - soit simple, claire et distincte.

En résumé, ce ne sont pas les idées des élèves qui sont jugées mais leur argumentation. Le correcteur attend des thèses philosophiques non triviales mais argumentées (justifiées par un raisonnement, une analyse conceptuelle), que ces thèses soient proches des siennes ou non. La liberté de réflexion dans cet exercice est totale.


 

                L’explication de texte philosophique

L'explication de texte consiste à rendre compte d'un extrait de texte dans sa spécificité, à montrer ce qu'il a de singulier philosophiquement. Il s'agit de montrer ce que l'auteur dit dans le passage précis que vous avez à expliquer, par une lecture linéaire interne. Il faut rendre compte de la cohérence propre du texte. Toutefois, il ne peut s'agir d'une répétition irréfléchie du texte, d'une paraphrase (l'auteur dit que : "..."). L'explication du texte doit être problématisée : il s'agit de proposer une lecture philosophique du passage, une interrogation sur lui.

                Un texte philosophique est une réponse développée (une thèse philosophique) à une question philosophique : celle-ci est une manière de comprendre un problème philosophique (celle de l'auteur). Un problème philosophique est une réalité humaine qui interpelle, qui étonne du seul fait qu'elle existe. On peut l'ignorer, mais si on s'y arrête on ne peut pas ne pas être dérangé, interrogé par cette réalité. Par exemple, on peut ignorer la pratique de l'excision, mais si on prend connaissance de cette pratique traditionnelle qui mutile des jeunes filles d'Afrique subsaharienne, force est de s'interroger sur la légitimité d'une telle pratique.

                La philosophie est donc une discipline dont le propre est de penser les problèmes philosophiques universels, mais tous présents et que chacun peut reprendre à son compte.

                Expliquer un texte c'est en expliciter le problème philosophique (qui ne dépend ni de l'auteur, ni de personne), la question philosophique et la réponse, la thèse philosophique (de l'auteur dans le passage étudié uniquement). Force est alors d'orienter cette explication par une thèse (celle de l'auteur de l'explication, l'élève ou le candidat), une manière philosophique de lire le passage (lecture marxiste, freudienne, cartésienne, hégélienne, etc.. toutes sont légitimes si elles sont assumées par l'auteur de l'explication). L'exercice consiste donc à exercer son jugement, à penser, lire et interpréter par soi-même un texte. Tout doit être expliqué dans le texte (exemples, tournures, personnages, termes articulatoires, signes typographiques).

Préparation de l'explication :

-lire plusieurs fois le texte sans rien noter

-repérer, surligner les connecteurs logiques ( faire une analyse grammaticale du texte) : dégager les étapes de l'argumentation

-dégager la question philosophique (implicite dans tout le texte) et la thèse du texte (ce que soutient l'auteur) : reformuler chaque phrase du texte en question ; puis pour chaque paragraphe synthétiser toutes les questions en une seule; puis même chose pour l’ensemble du texte : mieux vaut trois questions différentes qu’on essaie d’articuler entre elles, qu’aucune ou que des remarques générales.

-Repérer les distinctions conceptuelles, d’idées, les définitions données, les notions en jeu.

(Que critique l’auteur ?)

-formuler le problème philosophique auquel le texte se confronte.

-indiquer le thème du texte (ce dont il traite)

-indiquer quelques thèses philosophiques concurrentes de celle de l'auteur

-formuler une critique sur un point du texte (un présupposé, une thèse, la conséquence d'une thèse, un contre-exemple, une thèse concurrente...)

Rédaction de l'explication :

Introduction :

Thème du texte : de quoi est-il question ?

Thèse du texte : qu'est-ce que l'auteur affirme à propos du thème

Problème du texte : pourquoi l'auteur défend cette thèse précisément

Question du texte :  A quelle question, implicite, l'auteur répond-il dans son texte

Structure du texte (plan ou argumentation) : indiquer les moments successifs et leurs articulations logiques (identifier le nœud du texte, le point à partir duquel il a son unité)

Développement : exposer ce que le passage donne à penser

Explication linéaire : relever les mots ou formules du texte et les expliquer (les définir et en donner la cause, la fonction dans l'argumentation)

Il faut constamment interroger le texte, ses enjeux, son mouvement, ses articulations, la progression de l'argumentation, ses présupposés, ses implications. En résumé, à chaque phrase, vous répondez, implicitement, à trois questions :

Quoi ? (définir les notions et concepts utilisés par l’auteur dans le texte)

Pourquoi ? (but / raisons de la phrase expliquée)

Comment ? (lien logique et conceptuel avec ce qui précède et ce qui suit)

Bref commentaire philosophique : vous défendez votre thèse, vous répondez de façon argumentée à votre problématique, celle de votre explication de texte

Les connaissances requises ne sont donc pas celles de la doctrine de l'auteur, mais elles sont conceptuelles.

Conclusion : Bilan et thèse de l'explication du texte.

 

En résumé si l'on veut présenter les choses sous forme de tableau :



Texte étudié (auteur du texte)

Explication de texte (auteur de l’explication) : une lecture possible du texte – une interrogation

Montrer ce que dit le texte : description

1/ thème

2/ thèse

3/ problème (but / raisons)

4/ problématique / question

5/ Argumentation

 

1/ thème du texte étudié

2/ thèse de l’explication

3/ problème de l’explication

4/ problématique / question de l’explication

5/ Argumentation de l’explication

a) analyse linéaire

b) partie critique

 

 

 



Brouillon de l’explication

Rédaction de l’explication

Montrer ce que dit le texte : description

1/ thème

2/ thèse

3/ problème (but / raisons)

4/ problématique / question

5/ Argumentation

 

6/ problématique / question de l’explication

7/ Argumentation de l’explication

a) analyse linéaire : vous suivez l’argumentation du texte

b) partie critique (qui distingue le vrai du faux dans la thèse / qui juge mais non pas moralement / ce n’est pas une condamnation morale) : vous défendez votre lecture, votre thèse sur le texte (la problématique de l’explication du texte), vous répondez à votre problématique

8/ rédaction de la conclusion : thèse finale

9/ rédaction de l’introduction

Introduction :

1/ thème du texte

2/ thèse du texte

3/ problème (but / raisons) du texte

4/ problématique / question du texte

5/ Argumentation du texte (une phrase par partie ou moments et une transition logique et conceptuelle)

6/ problématique / question de l’explication

 

Développement

 1) analyse linéaire du texte :

autant de parties dans le développement que de parties dans le texte

A chaque phrase : 3 questions =

Quoi ?

Pourquoi ?

Comment ?

2) partie critique : réponse à votre problématique à l’aide d’un argument (autre thèse philosophique)

 

 


 

                Les connecteurs logiques

 

Tableau des principaux mots de liaison

 



Relation logique Connecteurs (articulations) logiques

mots de liaison

Addition ou gradation

et, de plus, en outre, par ailleurs, surtout, puis, d’abord, ensuite, enfin, d’une part, d’autre part, non seulement … mais encore, voire, de surcroît, d’ailleurs, avec, en plus de, outre, quant à, ou, outre que, sans compter que …

Classer

puis, premièrement … , ensuite, d’une part … d’autre part, non seulement …mais encore, avant tout, d’abord …

Restriction ou opposition

mais, cependant, en revanche, or, toutefois, pourtant, au contraire,

néanmoins, malgré, en dépit de, sauf, hormis, excepté, tandis que, pendant que, alors que, tant + adverbe + adjectif + que, tout que, loin que, bien que, quoique, sans que, si … que, quel que + verbe être + non …

Cause

car, parce que, par, grâce à, en effet, en raison de, du fait que, dans la mesure où, à cause de, faute de, puisque, sous prétexte que, d’autant plus que, comme, étant donné que, vu que, non que …

Indiquer une

conséquence

 

ainsi, c’est pourquoi que, en conséquence, par suite, de là, dès lors, par conséquent, aussi, de manière à, de façon à, si bien que, de sorte que, tellement que, au point … que, de manière que, de façon que, tant … que, si … que, à tel point que, trop pour que, que, assez pour que …

Condition ou supposition

ou hypothèse

si, peut-être, probablement, sans doute, éventuellement, à condition de, avec, en cas de, pour que, suivant que, selon (+ règle de « si »), à supposer que, à moins que, à condition que, en admettant que, pour peu que, au cas où, dans l’hypothèse où, quand bien même, quand même, pourvu que …

Comparaison ou

équivalence ou parallèle

 

ou, de même, ainsi, également, à la façon de, à l’image de, contrairement à, conformément à, comme, de même que, ainsi que / aussi … que, autant …que, tel … que, plus … que, plutôt … que, moins … que …

But

pour, dans le but de, afin de, pour que, afin que, de crainte que, de peur que …

Indiquer une alternative

ou, autrement, sinon, soit … soit, ou … ou …

Expliciter

 c’est-à-dire, en effet, en d’autres termes …

Illustrer

 par exemple, c’est ainsi que, comme, c’est le cas de …

Conclure (utilisé surtout

pour la conclusion d’une

production écrite)

au total, tout compte fait, tout bien considéré, en somme, en conclusion, finalement, somme toute, en peu de mots, à tout prendre, en définitive, après tout, en dernière analyse, en dernier lieu, à la fin, au terme de l’analyse, au fond, pour conclure, en bref, en guise de conclusion …

 

 

 


Correction de la langue (2 points)

Relever le nombre de fautes de français que vous avez faites :

a/ combien de fautes de grammaire ? *accords des verbes et autres, syntaxe... et d'orthographe : les mots et les accents (Utilisez un dictionnaire de français pour vérifier)

b/ combien de fautes d'expression ?

c/ faites-vous une liste du type de fautes que vous avez commises : à relire avant de rendre votre prochaine copie : *une relecture pour vérifier que vous avez bien accordé les verbes avec leur sujet respectif ; une autre pour vérifier que le temps et le mode des verbes sont adaptés au sens ; une autre pour les accords des adjectifs avec le nom auquel ils se rapportent...

pour s'entraîner : www.leconjugueur.com, www.ladictee.fr

Quelles notions philosophiques n'avez-vous pas définies dans votre travail ?

Cela vaut pour l’explication de texte et la dissertation : si vous n'avez pas fait ce travail philosophique minimum qui consiste à savoir de quoi l'on parle, vous n'avez émis que des opinions - pour une dissertation - ou fait de la paraphrase - pour l'explication de texte.

Autocorrection de dissertation 

Pour toute réponse négative, réécrire ou compléter votre travail.

1. Y a-t-il des définitions philosophiques des notions du programme (au moins deux définitions pour chaque notion)? 

2. Sont-elles utilisées pour traiter le sujet, pour montrer pourquoi la question se pose (pour problématiser, pour reformuler l'énoncé, la question).

3. Avez-vous démontré une thèse? y a-t-il dans votre développement un raisonnement?

4. Quelle est votre thèse (réponse à la question posée)?

5. Est-elle défendue par un raisonnement dans votre développement ou seulement exposée sans justification?

6. Quelle référence philosophique ou culturelle avez-vous utilisée? Avez-vous seulement cité ou expliqué votre référence philosophique?

7. Quel problème philosophique avez-vous formulé dans votre dissertation (dans l'introduction en particulier)?

 

 

Autocorrection d’explication de texte

Pour toute réponse négative, réécrire ou compléter votre travail.

1. Y a-t-il des définitions philosophiques des notions du programme?

2. Est-ce que vous avez rendu compte du texte dans son ensemble, montré son unité?

3. Y a-t-il des contresens ?

4. Avez-vous formulé correctement le thème, la thèse, le problème, la question et l'argumentation du texte (dans l'introduction).

5. Avez-vous proposé une problématique à votre explication de texte?

6. Avez-vous répondu aux trois questions : "quoi? pourquoi? comment?" à chaque moment du développement de l'explication?

7. Avez-vous critiqué le texte en fin de développement?

8. En conclusion, avez-vous montré l'enjeu du texte?

9. En conclusion, avez-vous défendu une thèse dans votre explication?



 

Travail à réaliser individuellement pour l’examen

Définitions des repères et des notions du programme rencontrés en cours ou dans les exercices donnés (Répertoire alphabétique)

Biographie, bibliographie et thèses principales des auteurs du programme rencontrés en cours (fiches)

Textes étudiés en cours et dans vos lectures personnelles : thème, thèse, problème et argumentation

 

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