la culture et les échanges

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CULTURE

1/ la culture est l'ensemble des productions d'une société (savoirs, savoir-faire, technique, religion, morale, métaphysique, croyances...) ; elle est l'objet de l'anthropologie, de l'étude de l'homme ("anthropos" en grec) dans tous ses aspects, la culture étant comprise comme un fait qu'on peut tenter d'expliquer.

2/ la culture est aussi un processus individuel, subjectif. Se cultiver revient à s'approprier quelque chose de commun à une culture, à la vie d'une société et non seulement à ses habitudes superficielles ou apparentes. Se cultiver n'est pas retenir des savoirs, pratiquer un art sans réfléchir par soi-même mais en imitant les autres. La culture est de ce point de vue toujours créatrice, novatrice, dépassant la simple surprise d'une mise en avant exhibitionniste.

ECHANGES

1/ à l'origine ils consistent à troquer une chose pour une autre. C'est donc un don réciproque entre deux choses que l'on estime équivalentes, d'égale valeur.

2/ L'échange direct - le troc - évolue en échange monétaire - la monnaie permettant de mesurer quantitativement les biens échangés. Les échanges sont alors indirects : on échange une chose contre de l'argent.

3/ au sens plus large, on échange quand on communique d'égal à égal, réciproquement - par exemple des idées avec ses pairs (le dialogue),  des sentiments avec ses proches (l'amour, l'amitié, la fraternité, le respect...). On échange avec des personnes en ce sens et non avec des objets.

Texte 1 : ARISTOTE, Ethique à Nicomaque

Il ne peut exister de communauté de rapports entre deux médecins ; en revanche, la chose est possible entre un médecin et un laboureur, et, d'une façon générale, entre gens différents et de situation dissemblable. Toutefois, il est indispensable, auparavant, de les rendre égaux. Aussi faut-il que toutes choses soient en quelque façon comparables, quand on veut les échanger. C'est pourquoi on a recours à la monnaie qui est, pour ainsi dire, un intermédiaire. Elle mesure tout, la valeur supérieure d'un objet et la valeur inférieure d'un autre, par exemple, combien il faut de chaussures pour équivaloir à une maison ou à l'alimentation d'une personne, faute de quoi, il n'y aura ni échange ni communauté de rapports. Ce rapport ne serait pas réalisé, s'il n'existait un moyen d'établir l'égalité entre des choses dissemblables. Il est donc nécessaire de se référer pour tout à une mesure commune comme nous l'avons dit plus haut.

 
Et cette mesure, c'est exactement le besoin que nous avons les uns des autres, lequel sauvegarde la vie sociale ; car, sans besoin, et sans besoins semblables, il n'y aurait pas d'échanges ou les échanges seraient différents. La monnaie est devenue, en vertu d'une convention, pour ainsi dire, un moyen d'échange pour ce qui nous fait défaut. C'est pourquoi on lui a donné le nom de nomisma parce qu'elle est d'institution, non pas naturelle, mais légale (nomos : la loi), et qu'il est en notre pouvoir, soit de la changer, soit de décréter qu'elle ne servira plus. En conséquence, ces échanges réciproques auront lieu, quand on aura rendu les objets égaux.

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TEXTE 2 : Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, chapitre 5


     "Ce point de vue naïf, mais profondément ancré chez la plupart des hommes, n'a pas besoin d'être discuté puisque cette brochure en constitue précisément la réfutation. Il suffira de remarquer ici qu'il recèle un paradoxe assez significatif. Cette attitude de pensée, au nom de laquelle on rejette les "sauvages" (ou tous ceux qu'on choisit de considérer comme tels) hors de l'humanité, est justement l'attitude la plus marquante et la plus distinctive de ces sauvages mêmes. On sait, en effet, que la notion d'humanité, englobant, sans distinction de race ou de civilisation, toutes les formes de l'espèce humaine, est d'apparition fort tardive et d'expansion limitée. Là même où elle semble avoir atteint son plus haut développement, il n'est nullement certain - l'histoire récente le prouve - qu'elle soit établie à l'abri des équivoques ou des régressions. Mais, pour de vastes fractions de l'espèce humaine et pendant des dizaines de millénaires, cette notion paraît être totalement absente. L'humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu'un grand nombre de populations dites primitives se désignent d'un nom qui signifie les "hommes" (ou parfois - dirons-nous avec plus de discrétion - les "bons", les "excellents", les "complets"), impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus - ou même de la nature - humaines, mais sont tout au plus composés de "mauvais", de "méchants", de "singes de terre" ou d'"œufs de pou". On va souvent jusqu'à priver l'étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant un "fantôme" ou une "apparition". Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique. Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l'Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d'enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s'employaient à immerger des blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était, ou non, sujet à la putréfaction."

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TEXTE 3 : KANT, Idée d'une histoire universelle du point de vue cosmopolitique, proposition 6, 1784


     "L'homme est un animal qui, quand il vit avec d'autres [mem- bres] de son espèce a besoin d'un maître. Car il abuse à coup sûr de sa liberté à l'égard de ses semblables; et, bien qu'en tant que créature raisonnable il souhaite une loi) qui mette des bornes à la liberté de tous, pourtant, son penchant animal égoïste l'entraîne à faire exception pour lui, quand il le peut. Il a donc besoin d'un maître, qui brise sa volonté personnelle et le force à obéir à une volonté universellement recon- nue, de sorte que chacun puisse être libre. Mais d'où sortira-t-il ce maître? Nulle part ailleurs que dans l'espèce humaine. Mais ce maître est de la même façon un animal qui a besoin d'un maître. L'homme peut donc mener cela comme il veut, on ne voit pas d'ici comment il pourrait se procurer un chef de la justice publique qui soit lui- même juste; qu'il le cherche en un particulier ou qu'il le cherche en une société de plusieurs personnes choisies à cet effet. Car chacun, parmi eux, abusera toujours de sa liberté si personne n'exerce sur lui un contrôle d'après les lois. Mais le chef suprême doit être juste en lui-même et être pourtant un homme. C'est pourquoi cette tâche est la plus difficile de toutes, et même sa solution parfaite impossible : dans un bois aussi courbe que celui dont est fait l'homme, rien ne peut être taillé qui soit tout à fait droit. La nature ne nous impose que de nous rapprocher de cette idée.

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TEXTE 4 : Rousseau, Premier Discours sur les sciences et les arts, 1750

     "Avant que l'art eut façonné nos manières et appris à nos passions à parler un langage apprêté, nos mœurs étaient rustiques, mais naturelles ; et la différence des procédés annonçait au premier coup d'œil celle des caractères. La nature humaine, au fond, n'était pas meilleure; mais les hommes trouvaient leur sécurité dans la facilité de se pénétrer réciproquement, et cet avantage, dont nous ne sentons plus le prix, leur épargnait bien des vices.
      Aujourd'hui que des recherches plus subtiles et un goût plus fin ont réduit l'art de plaire en principes, il règne dans nos mœurs une vile et trompeuse uniformité, et tous les esprits semblent avoir été jetés dans un même moule : sans cesse la politesse exige, la bienséance ordonne : sans cesse on suit des usages, jamais son propre génie. On n'ose plus paraître ce qu'on est ; et dans cette contrainte perpétuelle, les hommes qui forment ce troupeau qu'on appelle société, placés dans les mêmes circonstances, feront tous les mêmes choses si des motifs plus puissants ne les en détournent. On ne saura donc jamais bien à qui l'on a affaire : il faudra donc, pour connaître son ami, attendre les grandes occasions, c'est-à-dire attendre qu'il n'en soit plus temps, puisque c'est pour ces occasions mêmes qu'il eût été essentiel de le connaître."
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Texte 5 : Durkheim, De la division du travail social.

Si l'intérêt rapproche les hommes, ce n'est jamais que pour quelques instants ; il ne peut créer entre eux qu'un lien extérieur. Dans le fait de l'échange, les divers agents restent en dehors les uns des autres, et l'opération terminée, chacun se retrouve1 et se reprend tout entier. Les consciences ne sont que superficiellement en contact ; ni elles ne se pénètrent, ni elles n'adhèrent fortement les unes aux autres. Si même on regarde au fond des choses, on verra que toute harmonie d'intérêts recèle un conflit latent ou simplement ajourné. Car, là où l'intérêt règne seul, comme rien ne vient refréner les égoïsmes en présence, chaque moi se trouve vis-à-vis de l'autre sur le pied de guerre et toute trêve à cet éternel antagonisme2 ne saurait être de longue durée. L'intérêt est en effet ce qu'il y a de moins constant au monde. Aujourd'hui, il m'est utile de m'unir à vous; demain la même raison fera de moi votre ennemi. Une telle cause ne peut donc donner naissance qu'à des rapprochements passagers et à des associations d'un jour.
1 Se reprend : retrouve sa liberté - 2 Antagonisme : forte contradiction
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TEXTE 6 : Pierre CLASTRES, La société contre l'Etat, 1974

Il y a pour le chasseur Aché (1) un tabou alimentaire qui lui interdit formellement de consommer la viande de ses propres prises (...). Il en résulte que chaque homme passe sa vie à chasser pour les autres et à recevoir d'eux sa propre nourriture. Cette prohibition est strictement respectée, même par les garçons non initiés lorsqu'ils tuent des oiseaux. Une de ses conséquences les plus importantes est qu'elle empêche ipso facto (2) la dispersion des Indiens en familles élémentaires : l'homme mourrait de faim, à moins de renoncer au tabou. Il faut donc se déplacer en groupe. (...) Le tabou (3) sur le gibier apparaît donc comme l'acte fondateur de l'échange de nourriture chez les Guayaki, c'est-à-dire comme un fondement de leur société elle-même. (...) En contraignant l'individu à se séparer de son gibier, il l'oblige à faire confiance aux autres, permettant ainsi au lien social de se nouer de manière définitive, l'interdépendance des chasseurs garantit la solidité et la permanence de ce lien, et la société gagne en force ce que les individus perdent en autonomie.
1. Aché : indigène d'Amérique du sud. - 2. Ipso facto : par le fait même, nécessairement. - 3. Tabou : interdit.
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 TEXTE 7 :  Montesquieu, De l'esprit des lois, 1748




L'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une à intérêt d'acheter, l'autre à intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur les besoins mutuels.


 

Mais si l'esprit de commerce unit les nations, il n'unit pas de même les particuliers. Nous voyons que dans les pays où l'on n'est affecté que de l'esprit de commerce, on trafique de toutes les actions humaines, et de toutes les vertus morales : les plus petites choses, celles que l'humanité demande, s'y font ou s'y donnent pour de l'argent.

 

L'esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte, opposé d'un côté au brigandage, et de l'autre à ces vertus morales qui font qu'on ne discute pas toujours ses intérêts avec rigidité, et qu'on peut les négliger pour ceux des autres.

 

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 TEXTE 8 : PLATON, Gorgias
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TEXTE 9 : Patrick SAVIDAN, Multiculturalisme libéral et monoculturalisme pluriel


     "Dans sa version libérale, le multiculturalisme défend une politique de reconnaissance fondée sur un engagement en faveur de la liberté de choix et de l'autonomie. Cet engagement impose précisément que soit reconnue, dans une certaine mesure, l'appartenance culturelle. Sur cette base, on peut relever trois justifications de la reconnaissance de droits différenciés en fonction de l'appartenance à des groupes nationaux : 1) Égalité ­ le groupe minoritaire subit une injustice qui peut et doit être corrigée ; 2) historique ­ la minorité a une revendication à faire valoir qui se fonde sur des accords antérieurs (traité entre colons et peuples aborigènes par exemple) ou une jurisprudence ; 3) La valeur intrinsèque de la diversité culturelle.
1) Le premier argument mobilisé est généralement celui consistant à dire qu'il est juste que tous les citoyens soient traités sur un pied d'égalité. Une plus grande justice supposerait alors une meilleure prise en compte de toutes les spécificités et non pas seulement celles qui caractérisent la culture majoritaire.
2) La reconnaissance de différences peut également être liée à l'existence de traités ou d'accords historiques garantissant l'autonomie au moins relative de la communauté historique concernée. Ce deuxième argument, à la différence du précédent, soulève essentiellement des difficultés d'ordre factuel et juridique. Mais on remarquera qu'ils ont en commun de mettre l'accent sur les obligations du groupe majoritaire dominant à l'égard des populations défavorisées.
3) À ce titre, ils sont distincts du troisième argument qui consistera à défendre le droit à la différence en se fondant sur la diversité culturelle comme norme. Alors que les deux premiers arguments renvoyaient aux obligations du groupe majoritaire vis-à-vis des minorités, le troisième souligne l'intérêt que la société dans son ensemble peut avoir à favoriser la diversité culturelle. Robert Falk écrivait en ce sens que « la diversité sociétale augmente la qualité de vie en enrichissant notre expérience, en augmentant la quantité des ressources culturelles  Robert Falk, « The Rights of Peoples », in James Crawford,...  ». On associe donc des avantages moraux, esthétiques, voire éducatifs à la diversité ethno-culturelle, et d'un point de vue politique, au « multiculturalisme ». La diversité culturelle devient très rapidement, dans une telle perspective, une valeur en soi. Un contenu culturel et normatif quelconque se trouve justifié par le simple fait qu'il présente des caractéristiques qui le distinguent au sein ou face à la culture dominante. Le multiculturalisme ­ soit le maintien d'un mélange qui ne se fait pas pour autant nécessairement « métissage » ­ devient ainsi une norme à laquelle on pourrait choisir d'en subordonner d'autres.

Trois types d'arguments donc. Un premier argument qui prétend viser la réalisation du projet même de la modernité (en ce sens, il s'agit de mieux exploiter un contenu normatif déjà existant) ; un deuxième argument de type légaliste ; et un troisième argument qui se fonde sur une innovation normative à laquelle peuvent se mêler des arguments de type utilitaire, comme, par exemple, lorsque l'on dit que la culture majoritaire gagne à être confrontée à d'autres cultures."
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TEXTE 10 : Marcel Mauss, Essai sur le don, 1923-1924, extraits

 
Introduction
 « Dans les économies et dans les droits qui ont précédé les nôtres, on ne constate pour ainsi dire jamais de simples échanges de biens, de richesses et de produits au cours d'un marché passé entre les individus. D'abord, ce ne sont pas des individus, ce sont des collectivités qui s'obligent mutuellement, échangent et contractent les personnes présentes au contrat sont des personnes morales clans, tribus, familles, qui s'affrontent et s'opposent soit en groupes se faisant face sur le terrain même, soit par l'intermédiaire de leurs chefs, soit de ces deux façons à la fois. De plus, ce qu'ils échangent, ce n'est pas exclusivement des biens et des richesses, des meubles et des immeubles, des choses utiles économiquement. Ce sont avant tout des politesses, des festins, des rites, des services militaires, des femmes, des enfants, des danses, des fêtes, des foires dont le marché n'est qu'un des moments et où la circulation  des richesses n'est qu'un des termes d'un contrat beaucoup plus général et beaucoup plus permanent. Enfin, ces prestations et contre-prestations s'engagent sous une forme plutôt volontaire, par des présents, des cadeaux, bien qu'elles soient au fond rigoureusement obligatoires, à peine de guerre privée ou publique. Nous avons proposé d'appeler tout ceci le système des prestations totales. »

Le Potlatch :
« Mais, dans ces deux dernières tribus du nord-ouest américain et dans toute cette région apparaît une forme typique certes, mais évoluée et relativement rare, de ces prestations totales. Nous avons proposé de l'appeler potlatch, comme font d'ailleurs les auteurs américains se servant du nom chinook devenu partie du langage courant des Blancs et des Indiens de Vancouver à l'Alaska. « Potlatch » veut dire essentiellement « nourrir », « consommer ». Ces tribus, fort riches, qui vivent dans les îles ou sur la côte ou entre les Rocheuses et la côte, passent leur hiver dans une perpétuelle fête : banquets, foires et marchés, qui sont en même temps l'assemblée solennelle de la tribu. Celle-ci y est rangée suivant ses confréries hiérarchiques, ses sociétés secrètes, souvent confondues avec les premières et avec les clans ; et tout, clans, mariages, initiations, séances de shamanisme et du culte des grands dieux, des totems ou des ancêtres collectifs ou individuels du clan, tout se mêle en un inextricable lacis de rites, de prestations juridiques et économiques, de fixations de rangs politiques dans la société des hommes, dans la tribu et dans les confédérations de tribus et même internationalement. Mais ce qui est remarquable dans ces tribus, c'est le principe de la rivalité et de l'antagonisme qui domine toutes ces pratiques. On y va jusqu'à la bataille, jusqu'à la mise à mort des chefs et nobles qui s'affrontent ainsi. On y va d'autre part jusqu'à la destruction purement somptuaire des richesses accumulées pour éclipser le chef rival en même temps qu'associé (d'ordinaire grand-père, beau-père ou gendre). Il y a prestation totale en ce sens que c'est bien tout le clan qui contracte pour tous, pour tout ce qu'il possède et pour tout ce qu'il fait, par l'intermédiaire de son chef. Mais cette prestation revêt de la part du chef une allure agonistique[1] très marquée. Elle est essentiellement usuraire et somptuaire et l'on assiste avant tout à une lutte des nobles pour assurer entre eux une hiérarchie dont ultérieurement profite le clan. »
LES TROIS OBLIGATIONS : DONNER, RECEVOIR, RENDRE

« L’obligation de donner est l’essence du potlatch. Un chef doit donner des potlatch, pour lui-même, pour son fils, son gendre ou sa fille, pour ses morts. Il ne conserve son autorité sur sa tribu et sur son village, voire sur sa famille, il ne maintient son rang entre chefs nationalement et internationalement - que s'il prouve qu'il est hanté et favorisé des esprits et de la fortune, qu'il est possédé par elle et qu'il la possède ; et il ne peut prouver cette fortune qu'en la dépensant, en la distribuant, en humiliant les autres, en les mettant « à l'ombre de son nom.»

« L'obligation de recevoir ne contraint pas moins. On n'a pas le droit de refuser un don, de refuser le potlatch. Agir ainsi c'est manifester qu'on craint d'avoir à rendre, c'est craindre d'être « aplati » tant qu'on n'a pas rendu. En réalité, c'est être « aplati » déjà. C'est « perdre le poids » de son nom ; c'est ou s'avouer vaincu d'avance , ou, au contraire, dans certains cas, se proclamer vainqueur et invincible. (…)en principe, tout don est toujours accepté et même loué. On doit apprécier à haute voix la nourriture préparée pour vous. Mais, en l'acceptant, on sait qu'on s'engage. On reçoit un don « sur le dos ». On fait plus que de bénéficier d'une chose et d'une fête, on a accepté un défi ; et on a pu l'accepter parce qu'on a la certitude de rendre, de prouver qu'on n'est pas inégal. En s'affrontant ainsi, les chefs -arrivent à se mettre dans des situations comiques, et sûrement senties comme telles. Comme dans l'ancienne Gaule on en Germanie, comme en nos festins d'étudiants, de troupiers ou de paysans, :on s'engage à avaler des quantités de vivre, à « faire honneur » de façon grotesque à celui qui vous invite. On s'exécute même quand on n'est que l'héritier de celui qui a porté le défi. S'abstenir de donner, comme s'abstenir de recevoir , c'est déroger - comme s'abstenir de rendre.»
« L'obligation de rendre dignement est impérative. On perd la « face » à jamais si on ne rend pas, ou si on ne détruit pas les valeurs équivalentes. La sanction de l'obligation de rendre est l'esclavage pour dette. Elle fonctionne au moins chez les Kwakiutl, Haïda et Tsimshian. C'est une institution comparable vraiment, en nature et en fonction, au nexum romain. L'individu qui n'a pu rendre le prêt ou le potlatch perd son rang et même celui d'homme libre. Quand, chez les Kwakiutl, un individu de mauvais crédit emprunte, il est dit « vendre un esclave ». Inutile de faire encore remarquer l'identité de cette expression et de l'expression romaine. »


[1] Comportement chargé de régler les problèmes de tension dans un groupe social

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TEXTE 11 : Hannah ARENDT, Condition de l’homme moderne, 1961, Extraits

« (…) si le monde commun offre à tous un lieu de rencontre, ceux qui s’y présentent y ont les places différentes, et la place de l’un ne coïncide pas plus avec celle d’un autre que deux objets ne peuvent coïncider dans l’espace. Il vaut la peine d’être vu et entendu parce que chacun voit et entend de sa place, qui est différente de toutes les autres. Tel est le sens de la vie publique ; par comparaison, la plus riche, la plus satisfaisante vie familiale n’offre à l’homme que le prolongement ou la multiplication du point qu’il occupe avec les aspects et les perspectives que comporte cette localisation. (…) Lorsque les choses sont vues par un grand nombre d’hommes sous une variété d’aspects sans changer d’identité, les spectateurs qui les entourent sachant qu’ils voient l’identité dans la parfaite diversité, alors, alors seulement apparaît la réalité du monde, sûre et vraie. »

« Le monde commun prend fin lorsqu’on ne le voit que sous un seul aspect, lorsqu’il n’a le droit de se présenter que dans une seule perspective. »

C’est le cas dans une tyrannie, c’est le cas dans le mouvement de la foule, où « les hommes deviennent entièrement privés : ils sont privés de voir et d’entendre autrui, comme d’être vus et entendus par autrui. Ils sont tous prisonniers de la subjectivité de leur propre expérience singulière, qui ne cesse pas d’être singulière quand on la multiplie indéfiniment. »

Constitution de l’individualité de chacun, essentielle à l’existence d’un espace public et dès lors du Monde : rôle de la parole et de l’action

« L’altérité sous sa forme la plus abstraite ne se rencontre que dans la multiplication pure et simple des objets inorganiques, alors que toute vie organique montre déjà des variations et des distinctions même entre spécimens d’une même espèce. Mais seul, l’homme peut exprimer cette distinction et se distinguer lui-même ; lui seul peut se communiquer au lieu de communiquer quelque chose, la soif, la faim, l’affection, l’hostilité ou la peur. Chez l’homme, l’altérité qu’il partage avec tout ce qui existe, et l’individualité, qu’il partage avec tout ce qui vit, deviennent unicité, et la pluralité est la paradoxale pluralité d’êtres uniques.
La parole et l’action révèlent cette unique individualité. C’est par elles que les hommes se distinguent au lieu d’être simplement distincts ; ce sont les modes sous lesquels les êtres humains apparaissent les uns aux autres, non certes comme objets physiques, mais en tant qu’homme. Cette apparence, bien différente de la simple existence corporelle, repose sur l’initiative, mais une initiative dont aucun être humain ne peut s’abstenir s’il veut rester humain. Ce n’est le cas pour aucune autre activité de la vita activa. Les hommes peuvent fort bien vivre sans travailler, ils peuvent forcer autrui à travailler pour eux et ils peuvent fort bien décider de profiter et de jouir du monde sans y ajouter un seul objet utile ; la vie d’un exploiteur ou d’un esclavagiste, la vie d’un parasite, sont peut-être injustes, elles sont certainement humaines. Mais une vie sans parole et sans action – et c’est le seul mode de vie qui ait sérieusement renoncé à toute apparence et à toute vanité au sens biblique du mot – est littéralement morte au monde ; ce n’est plus une vie humaine, parce qu’elle n’est plus vécue parmi les hommes./C’est par le verbe et l’acte que nous nous insérons dans le monde humain, et cette insertion est comme une seconde naissance dans laquelle nous confirons et assumons le fait brut de notre apparition physique originelle. »

La Crise de la culture, 1954

Quelques textes sur l’éducation culturelle et pourquoi elle est nécessaire, particulièrement à la création de l’espace public où il est nécessaire que des individus se confrontent pour décider des conditions de la vie à vivre en commun

« Normalement, c’est à l’école que l’enfant fait sa première entrée dans le monde. Or, l’école n’est en aucune façon le monde, et ne doit pas se donner pour tel ; c’est plutôt l’institution qui s’intercale entre le monde et le domaine privé que constitue le foyer pour permettre la transition entre la famille et le monde. C’est l’Etat, c’est-à-dire ce qui est public, et non la famille, qui impose la scolarité, et ainsi, par rapport à l’enfant, l’école représente le monde, bien qu’elle ne le soit pas vraiment. À cette étape de l’éducation, les adultes sont une fois de plus responsables de l’enfant, mais leur responsabilité n’est plus tant de veiller à ce qu’il grandisse dans de bonnes conditions, que d’assurer ce qu’en général on appelle le libre épanouissement de ses qualités et de ses dons caractéristiques. D’un point de vue général et essentiel, c’est cela qui est la qualité unique qui distingue chaque être humain des autres et qui fait qu’il n’est pas seulement un étranger dans le monde, mais « quelque chose » qui n’a jamais existé auparavant. »

« J’ai dit plus haut qu’une discussion sur la culture est tenue de prendre pour point de départ le phénomène de l’art, parce que les œuvres d’art sont les objets culturels par excellence. Cependant, si la culture et l’art sont étroitement liés, ils ne sont en aucun cas la même chose. (…) Le mot « culture » dérive de colere – cultiver, demeurer, prendre soin, entretenir, préserver – et renvoie primitivement au commerce de l’homme avec la nature, au sens de culture et d’entretient de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine. (…) Cependant, le sens du mot « culture » n’est pas épuisé par ces éléments strictement romains. Même la cultura animi de Cicéron suggère quelque chose comme le goût et, généralement, la sensibilité à la beauté, non chez ceux qui fabriquent des belles choses, c’est-à-dire chez les artistes eux-mêmes, mais chez les spectateurs, chez ceux qui se meuvent parmi elles. Et cet amour de la beauté, les Grecs le possédaient, bien sûr, à un degré extraordinaire. En ce sens, nous comprenons par culture l’attitude, ou mieux, le mode de relation prescrit par les civilisations avec les moins utiles, les plus mondaines des choses : les œuvres des artistes, poètes, musiciens, philosophes, etc. »

« L’élément commun à l’art et à la politique est que tous deux sont des phénomènes du monde public. Ce qui médiatise le conflit entre l’artiste et l’homme d’action est la cultura animi, c’est-à-dire un esprit si formé et si cultivé qu’on peut lui faire confiance pour veiller et prendre soin d’un monde d’apparitions dont le critère est la beauté. La raison pour laquelle Cicéron attribuait cette culture à une éducation philosophique est que, pour lui, seuls les philosophes, les amants de la sagesse, approchaient les choses en simples « spectateurs », sans désir d’acquérir quoi que ce soit pour eux-mêmes ; et il pouvait comparer les philosophes à ceux qui, pendant les grands jeux et les fêtes ne cherchaient ni « à gagner la glorieuse distinction d’une couronne » ni à faire « de l’argent par l’achat et la vente » mais étaient attirés par « le spectacle et regardaient de près ce qui se faisait et comment cela se faisait ». Ils étaient, comme on dirait aujourd’hui, désintéressés et, pour cette raison, les mieux qualifiés pour juger, mais aussi les plus fascinés par le spectacle lui-même. Cicéron les nomme maxime ingenuum, les plus nobles d’entre les hommes libres pour ce qu’ils faisaient : regarder rien que pour voir, c’était la plus libre, liberalissimum, de toutes les occupations. »

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TEXTE 12 : NIETZSCHE, Considérations Inactuelles, I, 1 - 1873.


"La culture, c’est avant tout l’unité de style artistique dans toutes les manifestations vitales d’un peuple. Savoir beaucoup de choses et en avoir appris beaucoup ce n’est cependant ni un moyen nécessaire pour parvenir à la culture ni une marque de cette culture et, au besoin, ces deux choses s’accordent au mieux avec le contraire de la culture, avec la barbarie c’est-à-dire le manque de style ou le pêle-mêle chaotique de tous les styles.
Mais c’est précisément dans ce pêle-mêle chaotique de tous les styles que vit l’Allemand d’aujourd’hui. Comment se peut-il qu’il ne s’en aperçoive pas, malgré son savoir profond, comment fait-il pour se réjouir encore, de tout cœur, de sa « culture » actuelle ? Tout devrait pourtant l’instruire : chaque regard jeté sur ses vêtements, son intérieur, sa maison, chaque promenade à travers les rues de ses villes, chaque visite dans ses magasins d’objets d’art et de mode ; dans ses relations sociales il devrait se rendre compte de l’origine de ses manières et de ses mouvements, avoir conscience des grotesques surcharges et des juxtapositions de tous les styles imaginables que l’on retrouve dans nos établissements d’art, parmi les joies que nous procurent nos concerts, nos théâtres et nos musées. L’Allemand amoncelle autour de lui les formes et les couleurs, les produits et les curiosités de tous les temps et de toutes les régions, et engendre ainsi ce modernisme bariolé qui semble venir d’un champ de foire et qu’à leur tour, ses savants définissent et analysent, pour y voir « ce qu’il y a de moderne en soi » ; et il demeure lui au milieu de ce chaos de tous les styles. Mais avec ce genre de « culture », qui n’est, en somme, qu’une flegmatique insensibilité à l’égard de la culture, on ne peut pas vaincre un ennemi, et en tous les cas pas un ennemi comme les Français qui possèdent, eux, une culture véritable et productive, quelle que soit la valeur que l’on prête à celle-ci. Jusqu’à présent nous avons imité les Français en toutes choses, généralement avec beaucoup de maladresse.
Si nous avions vraiment cessé d’imiter les Français, nous ne pourrions pas prétendre, à cause de cela, que nous les avons vaincus ; mais seulement que nous nous sommes délivrés de leur joug. C’est seulement au cas où nous leur aurions imposé une culture originale allemande qu’il pourrait être question du triomphe de cette culture allemande. Pour le moment, il nous suffit de constater que, pour tout ce qui en est la forme, avant comme après la guerre, nous dépendons encore — et il faut que nous dépendions — de Paris. Car, jusqu’à présent, il n’existe pas de culture allemande originale.
Tous, nous devrions savoir cela à notre sujet. De plus quelqu’un l’a révélé publiquement. Il appartient au petit nombre de ceux qui avaient le droit de le dire aux Allemands sur un ton de reproche. « Nous autres Allemands, nous sommes d’hier — disait un jour Gœthe à Eckermann — ; il est vrai que, depuis un siècle, nous avons cultivé solidement notre esprit, mais il peut bien qu’il se passe encore quelques siècles avant que nos compatriotes se pénètrent d’assez d’esprit et de culture supérieure, pour que l’on puisse dire d’eux qu’il y a très longtemps qu’ils ont été des barbares. »
2.
Si pourtant notre vie publique et privée ne porte évidemment pas l’empreinte d’une culture productive et pleine de caractère, si nos grands artistes, avec une sérieuse insistance et une franchise qui est le propre de la grandeur, ont avoué et avouent encore ce fait monstrueux et profondément humiliant pour un peuple doué, comment est-il possible que, parmi les gens instruits de l’Allemagne, règne quand même cette grande satisfaction, une satisfaction qui, depuis la dernière guerre, se montre sans cesse prête à faire explosion, pour se changer en joie pétulante, en cris de triomphe ? En tous les cas, l’on s’imagine que l’on possède une véritable culture et un petit nombre seulement qui forme l’élite, semble s’apercevoir de l’énorme disparate qu’il y a entre cette crédulité satisfaite et même triomphante, et une infériorité qui est notoire. Car tout ce qui pense comme pense l’opinion publique s’est bandé les yeux et s’est bouché les oreilles. On ne veut à aucun prix que ce contraste existe. D’où cela vient-il ? Quelle est la force assez dominante pour prescrire cette non-existence ? Quelle espèce d’hommes est devenue assez puissante en Allemagne pour interdire des sentiments aussi vifs et aussi simples, ou pour empêcher, du moins, que ces sentiments puissent s’exprimer ? Cette puissance, cette espèce d’hommes, je veux l’appeler par son nom — je veux parler des philistins cultivés.
Le mot philistin est emprunté, comme chacun sait, au langage des étudiants. Il désigne, dans son acception la plus étendue, bien que dans un sens tout à fait populaire, le contraire du fils des muses, de l’artiste, de l’homme de haute culture. Le « philistin cultivé », dont nous nous sommes imposé la tâche peu agréable d’étudier ici le type et d’écouter les confessions, se distingue cependant de l’espèce commune du « philistin » par une superstition : il croit être lui-même fils des muses et — homme cultivé."

 



11 commentaires:

  1. Bonjour,
    Voici mon travail:

    Culture: La culture est l'ensemble des productions d'une société

    Reformulation: L'ensemble des productions d'une société fait elle l'homme?

    Paradoxe: La culture fait l'homme dans le sens ou il faut être cultivé pour vivre mais l'homme n'a pas besoin d'être cultiver pour survivre

    Problème: La culture créer l’homme

    Problématique: Pouvons nous vivre sans culture ? L’homme à t-il réellement besoin de culture pour survivre ?

    Annonce du plan: Dans un premier temps nous verrons l’effet positif de la culture sur l’homme et dans un second temps nous verrons que l’homme n’a pas besoin de culture pour exister

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    1. Bonjour,

      votre sujet "la culture fait-elle l'hommme?" demande à être reformulé au moins de deux manières, sans quoi, vous allez vous répéter et ne parviendrez pas à dépasser l'opinion.
      Votre reformulation est pertinente. Votre paradoxe est bon aussi, la distinction entre vivre et survivre fonctionnant bien ici. Votre problème est en revanche mal formulé (problème de syntaxe) Votre problématique (la 1ère question) est pertinente par ailleurs : si la culture fait l'homme on voit assez vite alors le problème que poserait pour lui une absence de culture, il pourrait se perdre lui-même, devenir inhumain.
      Votre plan ne nous aide pas à comprendre ce que vous cherchez à résoudre comme problème : le fait que la culture définit l'homme, ou bien si elle ne le définit pas il faudrait proposer autre chose qui ne soit pas culturel.

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  2. I) Effet de la culture sur l’homme

    a. La culture permet d’avoir des connaissances sur divers sujet de conversation et peut permettre la discussion, les échanges (Ex : une personne voulant faire de la politique mais qui n’a aucune connaissance sur le sujet ne peut devenir politicien)
    b. La culture fait l’homme dans le sens ou se cultiver revient à s’approprier qqch de commun, à la vie d’une société et non seulement par ses habitudes personnelles, superficielles
    c. Il existe également des cultures diverses pour des Hommes. Un homme musulman n’aura pas la main culture que l’homme qui croit en Dieu. Puisque ces deux religions n’ont pas le même dieu, donc ces deux individus ne vivement pas de la même manière et dépendent alors de la culture de leur propre religion. Ici donc la culture fait l’homme car c’est elle qui décide du choix, de la liberté de l’homme.

    Or, est ce grâce à la culture que l’homme existe ?

    II) La culture ne fait pas l’homme

    a. Ce n’est pas la culture qui fait l’homme puisque tous individus présents dans notre Terre, n’ont pas forcément toutes connaissances que l’on pourrait acquérir dans notre vie. Mais pourtant nous sommes tout aussi présent, existant, qu’une personne ayant de la culture dans différents domaines de la société. Cela signifierait il qu’une personne non cultivé mais seulement préoccuper par ses habitudes personnelles ou même superficielles n’est en fait pas un homme ? Alors qu’est la vraie définition de l’homme ?
    b. L’homme n’est pas seulement un individu, mais il est aussi une personne avec des sentiments, un cœur qui existe. Quant aux habitudes, lui n’est pas superficiel il existe réellement. Un homme est une personne vivante et n’a pas comme définition commune, existante dans le dictionnaire qu’il faut être cultivé, avoir de la culture pour être un homme.
    c. D’autant plus, l’homme est une personne capable de communiquer, d’échanger de diverses manières avec d’autres hommes mais comme le dit DURKHEIM, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le lien que les échanges créent entre les hommes restera toujours un lien superficiel tout comme les habitudes

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    1. Ia : vous réduisez la culture à la connaissance de faits qui rendent possible un savoir-vivre, c'est ce qu'on appelle la culture générale, notion très floue.
      B : oui, c'est très bien, vous pouvez utiliser le texte de Rousseau, extrait du Discours sur les sciences et les arts (texte 4 sur cette page).
      C : oui, là encore c'est une bonne idée - voyez le texte de Lévi-Strauss qui défend un relativisme culturel. (Texte 2 sur cette page)
      Votre transition est pertinente

      II, a : votre question est pertinente, si ce n'est pas la culture qui définit l'homme alors c'est autre chose, mais vous de dites pas quoi : Est-ce son activité (sociale, ou plus spécifique - artistique, scientifique, technique...)?
      B: le sentiment effectivement est ce qui nous lie ou relie aux autres, en ce sens la culture comme ensemble des productions d'une société n'est plus pertinente. Vous auriez eu intérêt à envisager ici ceci que la culture est plutôt un processus d'appropriation personnel, un vécu singulier (celui d'un sentiment, par définition unique).
      C : l'idée que les échanges, commerciaux, sont superficiels est bienvenue ici, mais il faudrait préciser que c'est parce qu'ils sont des relations superficielles, qui ne font pas l'homme mais peuvent au contraire le défaire par les artifices dans nos attitudes intéressées.

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  3. On en vient donc à conclure que la culture est importante à la survie de l’homme mais n’est pas essentielle pour que celui-ci existe. En effet la culture permet d’avoir des approches plus facile pour entamer une discussion baser sur des références, avec des preuves de ce que l’on avance mais celui qui n’est pas cultiver peut tout de même vivre, car outre les conversations de la société comme la politique, le travail, la science et encore bien d’autre domaines de la société il existe des conversations de la vie quotidienne sur lesquelles nous n’avons pas besoin d’être cultiver pour débattre mais seulement échanger des paroles avec d’autres individus. Mais il y a aussi la culture des religions qui « contrôlent » les hommes avant tout croyant. Leur culture est une sorte de secte sous lequel ils sont menés et c’est donc la culture qui fait l’homme puisque ce dernier ne va pas à l’encontre de la religion, de ses coutumes..
    Donc selon moi la culture ne fait pas l’homme, puisque avec ou sans culture, l’homme peut exister même si se serait de manières différente. Mais si l’on reprend la religion , ici on ne peut lutter et la culture fait alors l’homme.

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  4. Votre distinction entre survivre et exister recouvre-t-elle celle entre survivre et vivre? Essayer de conserver le même vocabulaire jusqu'à la fin de votre dissertation.
    L'idée que la culture peut contrôler les hommes, les faire au sens de les modeler à son image est très pertinente et mérite un développement conséquent. Vous pouvez utiliser sur ce thème l'article de Diderot, dans l'Encyclopédie sur "le fanatisme" : ici en suivant ce lien : http://larvatusprodeosm.blogspot.fr/2016/01/le-fanatisme.html.
    Toutefois il n'est clair dans votre conclusion que la culture ne fasse pas l'homme car vous n'avez pas proposé un autre sens de la culture (comme le processus individuel qui consiste à se cultiver)

    Ce qui est très positif dans votre travail c'est d'une part une certaine maîtrise d'arguments philosophiques (même si vous n'avez pas forcément les références) et la tentative d'argumentation de votre thèse. Reste à être un peu plus rigoureuse et plus proche du sujet : à la fin de chaque paragraphe, répondez simplement à la question, cela sera plus facile d'ordonner alors votre réflexion.

    Bon courage pour la suite de vos révisions. N'hésitez pas à proposer un autre essai sur une autre notion.

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  5. Je vous remercie, de vos conseils qui vont m'être utile par la suite

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  6. La diversité des cultures sépare-t-elle les hommes ?

    La culture est l'ensemble des productions d'une société (savoirs, savoir-faire, technique, religion, morale, métaphysique, croyances…). La diversité est l'état, le caractère de ce qui est divers, varié, différent. Appliquée à un groupe humain, la diversité correspond à la variété des profils individuels qu'on y trouve en termes d'origine géographique, de catégorie socioprofessionnelle, de culture etc. Il y a beaucoup de sociétés différentes avec des cultures diverses. La diversité des cultures sépare les hommes car ceux qui vivent en société ne peuvent pas comprendre le mode de vie des tribus comme les indigènes cependant certaines sociétés sont capables d'intégrer différentes cultures. Nous allons nous demander si la diversité des cultures sépare les hommes ?
    Dans un premier temps nous allons voir que la diversité créer un fossé entre les hommes et dans un second temps nous allons voir que la diversité réunie les hommes.

    Pour commencer, la différence de culture d'une société à l'autre peut être tellement forte que les deux sociétés ne peuvent pas s'entendre. Par exemple les tribus cannibales comme Korowai qui font que leur culture ne permet pas a la société de les acceptés. Ce qui crée un fossé entre les hommes car la culture s'oppose a la société.
    Il y aussi la langue qui est une barrière importante entre les hommes car pour partager il faut communiquer et quand les deux personnes ne se comprennent pas cela crée un fossé. Comme par exemple avec la langue du spanglish qui s'applique seulement aux espagnols qui vivent aux États-Unis se qui crée un fossé avec les américains. La langue est le principal lien entre les hommes, ce qui fait que quand ceux-ci ne se comprennent pas cela brise le lien.
    D'autres facteurs peuvent jouer sur les relations, tous les hommes n'ont pas les même croyances se qui peut les opposés et cela peut engendrer des guerres comme par exemple les djihadistes qui s'opposent au monde car ils veulent imposer leurs idées. Le choix de la religion est propre a un individu, la société comprend donc une variété de religion qui peuvent déplaire a certains.
    La différence culinaire peut aussi bouleverser les relations entre les hommes comme par exemple la gastronomie française qui s'oppose a la gastronomie chinoise. Se nourrir est un besoin primaire et vital, quand une gastronomie ne plaît pas a un individu cela crée une barrière.

    Pourtant malgré ses différences les hommes peuvent vivre des choses ensemble de part une activité sportive ou artistique, plus généralement culturelle.

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    1. Bonjour Andréa,

      Votre introduction définit bien les termes du sujet et reformule l'énoncé de manière pertinente. En revanche, l'annonce de votre plan : "Dans un premier temps nous allons voir que la diversité créer un fossé entre les hommes et dans un second temps nous allons voir que la diversité réunie les hommes." est trop schématique, au minimum, vous pouvez vous en passer, car dans les phrases précédentes vous poser bien un paradoxe : comment une société peut-elle être détruite ou au contraire fédérée par la diversité des cultures?

      Votre première partie présente quatre arguments pertinents et que vous justifiezr par de bonnes références. Le 3è, sur le fanatisme, peut vous permettre de réfléchir à la différence entre un lien qui unit les hommes en société, et un lien qui les réunit dans un monde. (voyez le texte de Goodman, le dernier de la page suivante : http://larvatusprodeosm.blogspot.fr/p/lunivers-le-monde.html )

      Votre transition est très pertinente pour le reste.

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  7. Pour continuer, la diversité des cultures réunit les hommes. Le fait d'avoir une culture différente de celui avec qui l'on partage permet de lui apprendre de nouvelles choses. Par exemple les individus aiment voyager dans des pays qui sont complètement différents des leurs comme le montre les programme d'échange d'étudiants qui leurs permet de poursuivre leurs études dans un autre pays et donc de s'approprier une nouvelle culture.
    Certaines culture permettent de réunir les hommes comme le tabou alimentaire qui désigne un interdit culturel ou religieux sur un aliment. Il permet aux individus concerner par se tabou de fonder un lien entre eux. Le texte de Pierre CLASTRES, La société contre l’État illustre cette idée. Par exemple dans la religion musulmane ou il est interdit de manger de la viande de porc.
    Les individus vivants dans des pays ayant des cultures différentes peuvent cohabiter et donc être liés de part le multiculturalisme qui permet d'instaurer une égalité entre les individus afin de faire coexister différentes culture aux seins d'un même pays.
    L'antiracisme commun revendique en effet à la fois le respect de valeurs universelles et de la pluralité culturelle. Le métissage se manifeste souvent dans ses cas la, cela permet de faire disparaître les différences, qui peuvent être culturelles afin que celles ci ne séparent pas les hommes. Comme le montrait Targuieff en affirmant la valeur du métissage.

    Pour conclure, la diversité de culture peut mettre à mal les relations entre les individus comme nous l'avons vu de part la barrière de la langue, de la religion ou de la gastronomie cependant malgré les différences culturelles les homme peuvent vivre en société en pratiquant des activités qui leurs permettent de se rapprocher. La diversité de culture entre les individus leurs permet d'apprendre de nouvelles choses, de fonder un lien entre eux de part leurs différences comme le permet le tabou alimentaire. Des procédés tel que le multiculturalisme, l'antiracisme ou le métissage permet aux individus d'être égaux, se qui renforce le lien entre eux.

    Treff Andréa

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    1. Votre deuxième partie est également très riche.
      Toutefois, la première idée, des échanges culturels entre étudiants, devrait être plus précise : il est important ici que vous définissiez la culture comme ensemble de mœurs - celle du voyage pour étudier, de la rencontre avec une autre culture - qui vise un savoir-vivre plutôt qu'un savoir.
      La référence à Clastres est très bienvenue, bravo, il vous restera, le jour de l'épreuve, à prendre le temps de le développer, de définir là encore la culture comme ensemble de coutumes ou de traditions.
      La thèse du multiculturalisme est bienvenue aussi : voyez le texte de Savidan, sur cette page même, le Texte 9.
      La référence à Targuieff est très bonne également : à développer aussi.

      Votre conclusion résume bien vos arguments et références. Elle permet de voir aussi que vous n'avez pas assez défini, au moins dans la deuxième partie, la culture.
      Vous avez au fond défendu l'idée que si la culture, au sens anthropologique de pratiques collectives comme le langage, la religion, la gastronomie, est un obstacle entre les hommes s'ils ne partagent pas dès le départ une même langue, religion ou gastronomie ; en revanche, la culture, comme pratique qui consiste à se cultiver, à réfléchir en commun - même avec des tabous- à vivre ensemble intelligemment, peut réunir les hommes.

      Vous ne pourrez défendre une thèse claire sans prendre le risque de choisir un sens de la question et des termes du sujet - au moins ceux de votre programme.
      Mais votre travail est de grande qualité, bravo encore, c'est un plaisir de voir à quel point vous avez progressé cette année. Vous avez fait l'effort d'apprendre et de vous approprier des arguments philosophiques exigeants, c'est tout à fait remarquable.

      Bon courage pour vos révisions.

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